messi-ballon

Les 5 plus grands footballeurs qui n’ont jamais reçu le Ballon d’Or et qui en avaient désespérément envie

Le Ballon d’Or de France Football est considéré comme le prix individuel le plus convoité en football; en contrepartie, son histoire regorge d’amalgames de controverse, de choix politiques et de vrais hold-up.

Environ ces quinze dernières années, tout le monde s’est habitué à voir la domination presque écrasante de Messi et de Ronaldo. Leurs chiffres stratosphériques les ont, littéralement, mis sous l’ombre autres joueurs. On ne peut pas les évacuer non plus, car durant leur temps (et même avant eux), il y existait d’autres joueurs qui avaient cette empreinte magistrale sur le jeu et devaient porter cette étiquette douloureuse pour l’histoire: “Génial, mais sans Ballon d’Or”.

Voici les cinq cas les plus tangibles d’injustice que le prix ait vu se dérouler. 

1 Thierry Henry (France)

Henry prend sa retraite en tant que meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France – uefa.com

Années en lice : 2003, 2004

Vainqueurs : Pavel Nedvěd (2003), Andriy Shevchenko (2004)

Thierry Henry au début des années 2000 est sans conteste le joueur le plus complet de l’histoire de la Premier League, avec son efficacité de sprinteur, sa technique brésilienne et son sang-froid de tueur dans les moments clés.

L’injustice en détail : En 2002/03, Henry réalise l’impensable : 24 buts et 20 passes décisives en Premier League. Ce record d’assists n’a tenu presque 20 ans (jusqu’au génie de Kevin De Bruyne) et il était impossible à égaler. Mais c’est Pavel Nedvěd qui remporta le Ballon d’Or 2003, pour avoir été un acteur de la victoire du Juventus en finale de la Ligue des champions. En 2004, lors de la saison invaincue d’Arsenal ( « The Invincibles »), Thierry Henry qui remporte le titre de meilleur buteur du championnat (30 buts cette saison) ne reçoit pas le graal du meilleur joueur de la saison, qui revient à Andriy Shevchenko, champion d’Italie avec le Milan. Le fait qu’il évoluait alors dans un championnat, la Premier League, un ton en dessous de la Serie A, et qu’il n’avait jamais remporté la Ligue des champions à son niveau, ont coûté à Henry.

2. Andrés Iniesta (Espagne)

Andrés Iniesta figure parmi les plus grands joueurs de tous les temps, selon Petr Čech après la victoire de l’Espagne lors du premier match de l’Euro 2016 – independent.co.uk

Année : 2010.

Vainqueur : Lionel Messi.

L’année 2010 aurait dû être l’année de l’Espagne. La Roja de Vicente del Bosque joue un football référence, elle sort première en phase de groupe, bat le Portugal, l’Argentine et la Hollande pour conquérir sa première Coupe du monde. Le héros du match final ? Andrés Iniesta, but décisif à la 116è minute contre les Pays-Bas.

L’injustice en détail : Historiquement, l’année d’une Coupe du monde, le Ballon d’Or revenait au leader de l’équipe victorieuse (Zidane 1998, Ronaldo 2002, Cannavaro 2006). En 2010, tout a changé, et les voix se sont réparties entre les deux génies espagnols, Iniesta et Xavi. Chacun pris séparément, ils ont moins fait que Lionel Messi. L’Argentin a connu une saison éblouissante en club, a été éliminé dès le quart de finale de la Coupe du Monde, n’ayant pas réussi à marquer un seul but. Dans un billet de France Football publié en 2018, il est écrit en préambule, sur un ton mélancolique, le titre : « Pardon Andrés », pour reconnaître que l’absence de Ballon d’Or pour Andrés Iniesta est une « anomalie douloureuse ».

3. Xavi Hernández (Espagne)

Xavi Hernandez : le maestro espagnol du milieu de terrain de Bengaluru – fcbarcelona.com

Années à l’honneur : 2009–2011

Gagnant : Lionel Messi

Messi était la pointe de la lance de cet immense Barcelone, mais Xavi était la main qui tenait et gouvernait cette lance. Xavi c’est le symbole du « tiki-taka ». Il imposait le tempo, faisait respirer l’espace et le temps.

Le détail de l’infamie : Xavi était troisième au classement durant trois années consécutives (2009, 2010, 2011). Sa faute ? Son travail était trop intelligent, trop sûr de lui pour le grand public. Peu de buts, peu de « dribbles folles » ; il ne brillait pas assez sur les compilations YouTube. À peine 100 passes par match avec un taux de réussite de 95 %. Xavi fut victime d’une époque qui a étalonné les statistiques des attaquants. Sans lui, Messi n’aurait peut-être pas sombré dans l’excès… mais tous les lauriers échus à l’Argentin.

4. Paolo Maldini (Italie)

En hommage à Paolo Maldini, le plus grand défenseur de son époque – thesefootballtimes.co

Années en lice : 1994, 2003

Lauréats : Hristo Stoichkov (1994), Pavel Nedvěd (2003)

Pour un défenseur, être lauréat du Ballon d’Or est quasi impossible (Fabio Cannavaro restant l’exception qui confirme la règle). Mais Paolo Maldini n’a jamais été qu’un défenseur, mais l’aura du football pendant un quart de siècle.

Injustice montrée au détail : en 1994, le Milan met une volée au Barça de Johan Cruyff en finale de la Ligue des champions (4-0), Maldini se montrant impeccable. Puis il accède à la finale de la Coupe du monde 1994 avec l’Italie (défaite aux tirs au but). Pour un défenseur, la grande année… mais le trophée va au Bulgare Stoichkov. En 2003, à 35 ans, Maldini soulève à nouveau la Ligue des champions en capitaine, retrouvant une seconde jeunesse mais ne terminant que troisième au vote. Le meilleur défenseur de tous les temps n’a jamais eu son Ballon d’Or.

5. Robert Lewandowski (Pologne)

L’attaquant du FC Barcelone, Robert Lewandowski, inscrit son premier but de la saison lors de la victoire en Pologne – barcablaugranes.com

Année en lice : 2020

Vainqueur : personne (trophée annulé)

La page la plus récente, et sans doute la plus cynique de l’histoire du Ballon d’Or. En 2019/2020, Robert Lewandowski est une machine : triplé avec le Bayern (Bundesliga, coupe, Ligue des champions) et meilleur buteur des trois compétitions.

L’injustice en détail : France Football décide d’annuler purement et simplement la remise du trophée en raison de la pandémie de Covid-19. Argument jugé peu solide : la saison n’avait pas été « pleine », la Ligue 1 française ayant été stoppée. Sauf que l’intégralité des autres grandes ligues (la France faisant exception) et des coupes d’Europe avaient été achevées. On a littéralement ravi son moment de gloire à Lewandowski. En 2021, il parvient à enchainer et à marquer 41 buts en Bundesliga, mais tout le traitement médiatique sert uniquement Messi (gagnant de la Copa América). Le prix de consolation « Meilleur attaquant » semble d’un pitoyable au moment où Messi et Ronaldo se déchirent une énième fois pour le titre.

Et les autres dans le club des oubliés ?

La liste est longue :

  • Wesley Sneijder (2010) : triplé avec l’Inter + finale de la Coupe du monde et pas un top 3.
  • Franck Ribéry (2013) : à la tête du triplé Bayern, battu par le storytelling Ronaldo/Messi.
  • Gianluigi Buffon (2006) : deuxième derrière Cannavaro, alors que beaucoup le voyaient comme l’âme de la victoire italienne au Mondial.

L’histoire du Ballon d’Or rappelle une chose : ce n’est pas toujours juste. Mais le génie des joueurs de la liste a peu besoin d’une statuette dorée pour exister : ce sont des rois sans couronne dont la patte reste dans l’éternité.

Tags: No tags

Add a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *